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Communiqué
Le 17 juillet 2026
Gila Benchetrit Mohandessi (« la Savante » en farsi) est décédée à Grenoble le 7 juin 2026 et toute sa famille scientifique est en deuil. Elle est arrivée à 16 ans à Grenoble pour préparer son baccalauréat, puis une licence, puis un doctorat de physiologie avec le Pr. H. Lemarchand (professeur de physiologie à la Faculté de Médecine de Grenoble, nommé directeur en 1958 du nouvel Institut Régional d’Education Physique). A la fin de sa carrière, Directrice de recherche au CNRS, elle avait supervisé depuis 1983 de nombreuses thèses dans l’équipe TIMB du laboratoire TIM3, puis dans le laboratoire TIMC, dont elle a été co-fondatrice et directrice adjointe et où elle a créé et dirigé l’équipe de physiologie respiratoire PRETA durant de nombreuses années. Elle y avait réuni une « dream team » composée d’éminents scientifiques, comme Annie Therminarias, Jacqueline Eteradossi, Pascale Calabrese, Maurice Tanche, Francis Grimbert Jean-Pierre Bachy, André Eberhard, Antoine Pham Dinh, Pierre Baconnier, Jacques Viret, Pierre-Yves Gumery, Patrick Lévy, Jean-Louis Pépin, Sam Bayat, Raphael Briot, etc. Avec eux, elle a fait des découvertes importantes concernant entre autres l’entraînement du système ventilatoire, l’existence d’une personnalité ventilatoire individuelle, les rapports entre la régulation cardiaque et la régulation respiratoire (à l’origine de l’arythmie cardiaque d’origine respiratoire) et entre la somnolence et la respiration. Son travail avec la société RBI©, dirigée par Ramin Baghai, a donné lieu au gilet Visuresp© d’enregistrement de l’activité ventilatoire au niveau du thorax et de l’abdomen (Figure 1 gauche), utilisé pour la rééducation et l’étude des rythmes ventilatoires.

Figure 1. A gauche, gilet Visuresp© d’enregistrement de l’activité respiratoire thoracique (THO) et abdominale (AB). A droite, publication par les Editions du CNRS des premiers Actes des Journées de la SFBT à Solignac en 1984.
La recherche de Gila Benchetrit a eu d’emblée un grand retentissement international, qui a suscité des collaborations multiples en France, au Canada, aux USA et au Chili (par exemple avec les Prs. A. Hugelin, J. Segundo et J.F. Vibert à Saint Antoine Paris, les Prs. T. Trippenbach, J. Milic-Emili et L. Glass à McGill Montréal, le Pr. J.W. Bellville à UCLA Los Angeles et la Pr. Taramasco à l’Université Andrès Bello Valparaiso). Nombreux sont les hospitaliers (réanimateurs, urgentistes, anesthésiologistes) qui ont bénéficié de son enseignement pour améliorer leur pratique clinique ou progresser dans le suivi et la correction de pathologies chroniques (comme l’apnée du sommeil, avec la société AGIR à Dom). Ses derniers grands programmes de recherche ont porté sur la Mesure et le monitorage sans fil des paramètres respiratoires pour des applications diagnostique et de surveillance (projet ANR-TecSan TeleResp) et sur la Somnolence chez les conducteurs d’engins dans les mines de cuivre à ciel ouvert (projet EC France-Chili).
Parallèlement à ses activités de recherche, Gila Benchetrit est membre fondateur de la Société Francophone de Biologie Théorique, créée en 1982 à l’Abbaye de Solignac par ses premiers Présidents, P. Delattre, R. Thom et M. Thellier, dont elle est restée pendant de nombreuses années la trésorière, et dont elle a publié les premiers Actes des Journées Annuelles en 1984 aux Editions du CNRS (Figure 1 droite).
Dans toutes ses nombreuses activités, Gila Benchetrit a laissé un souvenir impérissable : ses nombreux amis, collaborateurs et élèves se souviendront toujours de sa présence, de son écoute, de son savoir théorique et expérimental jamais mis en défaut et même de la tendresse constante avec laquelle elle abordait la Science et ses serviteurs : elle était une Savante humaine, depuis la direction de ses chercheurs, jusque dans l’utilisation des animaux (chiens et lapins), qu’elle jugeait indispensables à ses avancées scientifiques.
Merci à Gila Benchetrit, grande Dame de la physiologie française, qui en a maintenu le flambeau, dans des années difficiles où la biologie moléculaire triomphante avait fait parfois oublier l’approche physiologique holistique nécessaire, celle de ses nombreux grands anciens, les Avicenne, Magendie, Claude Bernard, Arsène d’Arsonval ou Louis Lapicque.
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