Soutenance de thèse de Laura ALBALADEJO mardi 24 mars 2026 à 14h

La soutenance de thèse de Laura ALBALADEJO (équipe MESP) aura lieu mardi 24 mars 2026 à 14h et portera sur le thème : 

 

«  Études des comportements alimentaires dans le diabète de type 1 et la fibromyalgie : Relation bidirectionnelle entre alimentation et maladie chronique »

 

 

Lieu : Amphithéâtre Inférieur Nord de la faculté de médecine de Grenoble5 chemin Duhamel, Faculté de Médecine et de Pharmacie, 38700 La Tronche.

 

bullet Composition du jury :

  • Cécile BETRY, Professeure des Universités, Praticienne hospitalière, Université Grenoble Alpes, Directrice de thèse
  • Aurélie GAUCHET, Professeure des Universités, Université Savoie Mont-Blanc, Codirectrice de thèse
  • Jean-Luc BOSSON, Professeur des Universités, Praticien hospitalier,Université Grenoble Alpes, Codirecteur de thèse
  • Najate ACHAMRAH,Professeure des Universités, Praticienne hospitalière,Université Rouen Normandie, Rapporteure
  • Clémentine HUGOL-GENTIAL, Professeure des Universités, Université Bourgogne Europe,Université, Rapporteure
  • Pierre-Yves BENHAMOU, Professeur des Universités, Praticien hospitalier, Université Grenoble Alpes,Examinateur
  • Anne-Sophie BRAZEAU, Professeure associée, Université McGill, Examinatrice
  • Sylvain ICETA, Professeur Adjoint, Université Laval, Examinateur

Encadrement :

  • Cécile BETRY, Professeure des Universités, Praticienne hospitalière, Université Grenoble Alpes, Directrice de thèse
  • Aurélie GAUCHET, Professeure des Universités, Université Savoie Mont-Blanc, Codirectrice de thèse
  • Jean-Luc BOSSON, Professeur des Universités, Praticien hospitalier,Université Grenoble Alpes, Codirecteur de thèse

 

Mots clés : 

Comportements alimentaires, maladies chroniques, diabète de type 1, fibromyalgie, insulinothérapie fonctionnelle, charge cognitive, flexibilité alimentaire, éducation thérapeutique

bullet Résumé en français :

L’objectif de cette thèse est d’analyser les déterminants des choix alimentaires dans deux maladies chroniques aux cadres de prise en charge différents : le diabète de type 1, structuré autour de recommandations diététiques et de l’insulinothérapie fonctionnelle, et la fibromyalgie, caractérisée par l’absence de recommandations nutritionnelles spécifiques. Cette thèse s’appuie sur des études avec une méthodologie mixte combinant études quantitatives et qualitatives. Dans le diabète de type 1, l’étude DIABEA est une étude observationnelle à méthodologie mixte incluant 100 adultes vivant avec un diabète de type 1. Dans la partie quantitative, aucune corrélation significative n’a été observée entre le niveau de connaissance en comptage des glucides et des comportements alimentaires perturbés. Les données qualitatives (n=22) mettent en évidence l’ambivalence de l’insulinothérapie fonctionnelle, perçue à la fois comme un outil de liberté et comme une contrainte pouvant conduire à des stratégies de restriction et à une rigidification des pratiques. Dans la fibromyalgie, l’étude qualitative Fifoodh (n=19) montre que l’absence de cadre nutritionnel favorise des démarches d’auto-expérimentation alimentaire, souvent guidées par des informations non validées, pouvant conduire à des régimes restrictifs multiples. Les résultats montrent que, dans ces deux contextes de prise en charge diététiques très différents, les patients mobilisent l’alimentation comme un levier central d’adaptation à la maladie. Ces ajustements alimentaires prennent la forme de restrictions, d’évictions ou de stratégies de simplification visant à réduire les symptômes, la charge cognitive ou l’incertitude. Ils ne relèvent pas systématiquement de troubles du comportement alimentaire au sens clinique, mais s’inscrivent le plus souvent dans une zone intermédiaire, fonctionnelle à court terme mais potentiellement coûteuse à long terme. Dans les deux pathologies, ces ajustements s’accompagnent d’un  processus de désymbolisation de l’alimentation, où l’acte de manger perd progressivement ses dimensions de plaisir, de partage et de culture pour devenir un outil de contrôle et de gestion des symptômes. Ces travaux mettent en évidence que le risque principal ne réside ni dans la présence ni dans l’absence de cadre nutritionnel, mais dans la transformation progressive du sens attribué à l’alimentation. Elle souligne les limites des outils actuels de dépistage, peu adaptés à l’évaluation de ces comportements alimentaires fonctionnels mais contraignants, et plaide pour une approche clinique intégrant la charge mentale, la flexibilité, la qualité de vie et le vécu subjectif de l’alimentation. Au-delà des deux pathologies étudiées, cette thèse contribue à une compréhension générale des comportements alimentaires dans les maladies chroniques.